Il y a cinquante ans, en mai 1968, la France était en ébullition. Les étudiants avaient pris les rues de Paris, des barricades étaient dressées et le 20 mai, le monde du travail se mettait en grève. Le 27 mai les accords de Grenelle étaient signés. Ils octroyaient aux salariés des augmentations de salaires, des congés supplémentaires et autorisaient la création de sections syndicales dans les entreprises. Mai 68 ne fut donc pas seulement une révolution sociétale mais aussi un mouvement social de très grande ampleur.
Mais on ne peut isoler ces évènements de l’histoire économique et sociale de la Ve République. Une Ve République créée en 1958 et au cours de laquelle crises économiques et revendications syndicales n'ont pas manqué. C'est donc à une histoire croisée de l'économie et du syndicalisme français au cours de la Vème République que nous invite aujourd’hui Eco d’ici Eco d’ailleurs grâce à de très nombreux sons d’archives et à l’analyse de deux universitaires.
Stéphane Sirot, est historien, spécialiste de l'histoire et de la sociologie des grèves et du syndicalisme. Il enseigne à l'université de Cergy-Pontoise. Il a publié en 2011  Le syndicalisme, la politique et la grève aux éditions de l'Arbre bleu. Et 1884, des syndicats pour la République, en 2014 aux éditions de Bord de l'eau.
Benjamin Coriat est professeur d'économie à l'université Paris 13. Il est par ailleurs membre du collectif des Economistes Atterrés.

L'un des bastions du monde ouvrier en mai 1968, l'un des bastions du monde syndical, c'était Renault Billancourt aux portes de Paris. Ecoutez le reportage de David Baché qui a retrouvé des ouvriers de Renault qui avaient fait grève à l'époque.
REPORTAGE DAVID BACHE / RENAULT BILLANCOURT

Plus tard, en 1981, au sein de Renault, on pouvait trouver un militant à l'accent américain. Nathanaël London arrive en France dans les années 1970 après un parcours de militant très actif contre la guerre du Vietnam et contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis. En 1981, il est recruté comme cariste, au bas de l'échelle. Il raconte son expérience de syndicaliste au micro de Jean-Pierre Boris.