Pour le commun des mortels, l'inflation c'est la hausse des prix alimentaires chez les commerçants, c'est la hausse des prix du logement. En bref, c'est toujours quelque chose de désagréable. C'est si désagréable que les marchés boursiers, ces dernières semaines, ont connu une grosse déprime parce que l'inflation menace de refaire son apparition. Aux Etats-Unis, rendez-vous compte, sur douze mois, elle a atteint 2,1%, et c'est considéré comme inquiétant.  Alors, c'est à n'y rien comprendre parce que justement, on avait cru capter que les banquiers centraux, ces gens qui impriment les billets de banque, voulaient de l'inflation. Mais, si l'inflation est nocive, pourquoi ces gens très savants, très puissants, très sages, pourquoi en veulent-ils ? L'inflation, est-ce un bien ou un mal ? Voilà, en somme, la question posée tout au long de cette émission à ses deux invités par Jean-Pierre Boris.
Avec :
- Agnès Bénassy-Quéré, enseignante et chercheuse au sein de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, professeur associé à l'Ecole d'Economie de Paris et présidente de l'Association des économistes français. La quatrième édition du livre « Politique économique », dont elle est l’une des co-auteurs vient de paraître aux éditions De Boeck.
- Edouard Challe, directeur de recherche au CNRS, professeur associé à l'Ecole Polytechnique. Il a publié, en 2016, aux éditions Economica, un livre intitulé «Fluctuations et politiques macroéconomiques».
⇒ Autres éléments
1 / Japon : pas d’inflation
L’absence quasi-totale d’inflation est un des problèmes majeurs auquel fait face le gouvernement. En 2017, les prix (hors denrées alimentaires) ont augmenté de 0,5% par rapport à 2016. Une première hausse depuis deux ans certes, mais qui reste loin de l’objectif de 2% fixé par la Banque du Japon. D’autant que cette inflation s’explique surtout par la hausse du prix du baril de brut, qui influe sur beaucoup de produits. Si l’on écarte à la fois les denrées alimentaires et l’énergie, l’inflation n’est que de 0,1%. Alors comment les consommateurs et les commerçants japonais ressentent-ils cette réalité ? Pourquoi les prix n’augmentent-ils pas, comme le voudrait le gouvernement ? C'est un reportage Eco d'ici Eco d'ailleurs signé Alexandre Barbe à Kyoto.
 
REPORTAGE KYOTO / ALEXANDRE BARBE

2 / Kenya : les prix fluctuent
Au Kenya, le plein emploi est loin mais les prix montent quand même. Le pays avait subi une forte inflation début 2017, passant de 7 % à presque 12% en avril. L’Etat avait ensuite annoncé des subventions, notamment pour la farine de maïs, un des aliments principaux des Kenyans. L’inflation avait ensuite baissé jusqu’à 4,5% en décembre 2017. Une année d’instabilité qui a affecté l’économie et les portefeuilles. C'est un reportage Eco d'ici Eco d'ailleurs signé Sébastien Nemeth à Nairobi.
 
REPORTAGE KENYA / SEBASTIEN NEMETH

 
3 / Venezuela : l’hyper-inflation
Au Venezuela, en 2017, le FMI estimait que la hausse des prix avait dépassé la barre des 2400 % ; cette année, le FMI prévoit 13 000 %. Une situation qui se répercute sur le quotidien des Vénézuéliens.  Depuis la dernière hausse de 40% au 1er janvier 2018, le salaire minimum atteint, avec les bons d'alimentation, la somme de 800 000 bolivars. 25 euros au taux de change officiel, moins de 3 euros au taux de change parallèle. Le Venezuela, le pays avec l'inflation la plus forte au monde, c'est un reportage Eco d'ici Eco d'ailleurs signé Julien Gonzalez à Caracas.

REPORTAGE VENEZUELA / JULIEN GONZALEZ